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Marathon de Paris 2021 : Luis est venu, a vu (peut être) et a vaincu ?

Comme à l'occasion du semi de Paris, notre trublion Luis Guerreiro, porte étendard de notre section handi, nous raconte avec humour et beaucoup d'autodérision son expérience lors du marathon de Paris (support des France handisport) ! Accrochez vous car ça vaut le détour....


Ha ha ha ha ha …Vous aussi vous avez la même impression que moi ?

Ce mec je le connais, peut-être du déjà vu quelque part ?

Vu de dos et bien oui, cet acteur américain me ressemble étonnamment !!!

Et nous faisons de la pub pour des lunettes ?


Die Hart vous connaissez ?


Comme piège de cristal ou 58 minutes pour vivre etc ?


Et bien oui je l’ai fait, mon Die Hart, c’est piège de blessure, sur la plissure du fessier à l’ischio- jambier droit, sur 42.195 km pour courir et espérer la médaille de finisher …


Là ce n’est pas à Los Angeles avec des milliers de morceaux de verres éparpillés partout, mais c’est à Lutèce sur l’avenue des Champs Elysée, ses milliers de pavés au sol, sur ma course du championnat de France handisport course à pied hors stade dont le marathon est la 3e épreuve (il y avait le semi de Paris que j’ai fait avec SandraFurtak le 05.09, et le run 10 km de Lyon le 03.10 que j’ai zappé pour ménager ma blessure).


‘’j’aime traverser les grands boulevards


Il y a tant et tant de choses à voir’’


Et là c’est pas à bicyclette mais en cap, et ça va piquer sec !!!


Amélie Maitrepierre sera ma guide sur cette épreuve, nous nous connaissons depuis 4 ans, et elle est au Triaxion de Cergy depuis 2 ans.


KM 0 : il est 11h33 c’est le départ pour nous, et sans le savoir le piège de blessure se referme très lentement sur moi …


Il fait beau, il y a du soleil et la température sur Paris variera entre 7 et 18°C .


C’est les pavés de Champs Elysées, l’arc de Triomphe est derrière nous, nous sommes dans le sens de la descente direction la Concorde.


Beaucoup de monde mais ça ne frotte pas .


KM 5 :


Nous sommes passés sur la rue de Rivoli, puis devant l’Opéra Garnier, direction place de la Bastille, pour rappel c’est là où Marie Antoinette et son défunt mari, le roi Louis croix Vé bâton, (j’ai toujours eu du mal avec les chiffres romains) ont perdu la tête …


Moi ça va la mienne est bien sur mes épaules !


Le plus jeune concurrent de cette épreuve, 9 ans, nous dépasse, j’hallucine !!! non je déconne, il triche !! LOL


C’est une joélette c’est son 1er marathon, elle est poussée par 4 personnes et d’autres courent à côté, cela se fait par relais, en nous doublant ils nous font une Holà d’encouragement (la joélette c’est pour les enfants sans jambes et ou sans bras, ouf là il a sauvé sa tête, sans compter que la hausse du pétrole inquiète les handicapés moteurs, oui je sais c’est plus que borderline mais qu’est-ce-que vous vouliez que je vous dise à part ça ?)


KM 7 :


La Bastille est derrière nous, nous prenons le même parcours que le Semi de Paris jusqu’au bois de Vincennes, et certains concurrents marchent déjà !!! ouille ouille ouille ça va être long pour eux 35 km …


Depuis le départ quelques coureurs nous encouragent, nous quittons Paris, Vincennes et nous voilà dans le Bois pendant que le loup n’y est pas…


Vous savez ce que j’ai fait dans le bois ?!!!!


Une pose pipi dans les wc prévus à cet effet, aaaah ça fait un bien fou de courir sans la pression de la vessie pleine


Km 14 :


Nous sommes passés devant le Château de Vincennes, dans les longues lignes droites et un goudron râpeux qui me titille la blessure avec les vibrations que j’encaisse, mais pour le moment pas de douleur à l’horizon, je me sens bien, moins de 28 km à parcourir, là je pense réellement aller jusqu’au bout si ma blessure me laisse tranquille.


KM 20 :


Je double un groupe de filles qu m’encouragent à la vue du maillot de l’EACPA, elles sont de la section de Vauréal.


KM 21 :


Nous arrivons à Charenton le Pont, le parcours fait demi-tour pour revenir sur Paris via les quais de Seine rive droite : le goudron est de meilleure qualité.


Tiens, je ne vous ai pas dit, au 18e km une chose étrange commence à m’arriver … le piège de la blessure … la petite douleur qui se réveille et qui me titille histoire de faire parler d’elle, là il me reste encore 24 km à courir…


Au chrono du km 20 nous sommes en 2h40’, 1km plus loin le chrono du 21.1 km signifiant la mi-parcours, j’y suis en presque 3h !!! Oh putain Jésus Maris Joseph, ça va être long l’autre moitié !!! Ma longueur de foulée se réduit petit à petit pour devenir du trottiné …


KM 24 :


Là ça rigole plus, la douleur est bien présente, c’est l’effet du je t’enfonce des aiguilles à tricoter qui tournent dans tous les sens, l’arrêt au ravito pour repartir devient compliqué je me surprends à boiter de la jambe droite, ah galère galère mon frère !!!


Ça sent pas bon toute cette histoire, il me reste encore 18 km à courir, je vais serrer des dents et y aller avec la douleur ça va le faire quand même, je m’y suis préparé.


La Seine est à notre gauche nous sommes sur les quais, une succession de tunnels avec leurs descentes et leurs montés m’usent, mais elles n’auront pas ma peau, tant pis sur ces passages je marche et sur les plats je me remets à trottiner, j’avance de moins en moins vite !!!


Km 30 :


Un ravito, plus que 12 km à tenir, ooh c’est encore loin l’arrivée ? oui mon petit elle est méga loin, mais plus proche qu’au départ, la douleur est au top de sa forme, bien aigüe, mais c’est pas grave, envie de faire une vocalise de soprano pour évacuer les aigües de cette bobologie, au lieu de ça mes yeux sous mes lunettes transpirent !!!!


Successions de longues lignes droites, pour moi c’est bon pour le moral cela me donne des points de repère avec les arbres de chaque côté, je grappille mètre après mètre je veux aller chercher cette putain de médaille de finisher, c’est un mixte en trottiner et marcher mais j’avance c’est ça qui compte, avancer coûte que coûte.


KM 33 :


Derrière nous des haut-parleurs retentissent , je ne comprends pas ce qu’ils disent, Amélie m’indique qu’ils annoncent que la route va être rendue à la circulation automobile et d’aller sur le trottoir, fait chi…biiip ça c’est pas top pour courir


La voiture nous dépasse avec un bus de la RATP qui la colle !!! Je demande à Amélie de rester sur la route on avisera en fonction du flux…


Vous savez ce que c’est dans le sport cette voiture?


LA PUTAIN DE VOITURE BALAIS, et là c’est pas un mariage, QU’EST-CE QUE CELA VEUT DIRE ?


Dépassés par elle, nous sommes mis automatiquement hors délais, donc hors course et fini ma chance de médaille finisher, bye-bye baby !!!!


Ça c’était pas dans mes plans, je ne l’avais pas prévu et merde !!! (m’en fous d’être grossier c’est le cœur qui parle) et je dirai même plus :


Le jour où on mettra les voitures sur orbite ta voiture balais aura pas fini de tourner !!!! (merci Mr Audiard pour cette inspiration de l’un de vos dialogues)


Amélie me demande comment je vois les 9 km restant à faire ?


Je les vois comme un aveugle, pas grand-chose quoi !!! mais je continue en mixte trottiner/marcher.


KM 35 :


Nous sommes dans Boulogne-Billancourt, nous passons le ravito et le chrono est démonté, du coup je ne peux plus me battre contre le temps.


Pour nous la course n’a plus aucun intérêt, derrière nous il y a encore beaucoup de monde qui marche, mais nous sommes à contre-sens dans la circulation automobiles cyclistes et trottinettes électriques, pour suivre la ligne blanche au sol du marathon, cela devient dangereux pour nous, et courir sur les trottoirs avec les obstacles qu’ils contiennent c’est pas mieux, je ne vais pas risquer une chute ou d’autres blessures


Avec Amélie nous décidons de mettre un terme à la course.


KM 39 :


C’est bien beau tout ça, mais on fait comment pour rentrer maintenant ? ma carte navigo est restée dans mon sac entreposé dans les consignes de la courses.


Amélie a la sienne, oui je sais c’est pas bien nous allons gruger pour rentrer en prenant le métro, pas grave ça compensera les fois ou ils sont en grève et moi dans la merde sans rer.


Mais avant d’y arriver, nous traversons une partie du bois de de de …Boulogne !!! bravo c’est une bonne réponse collégiale !!!


Je vous rassure pas de rencontre suce-pect (ni lèche-cul d’ailleurs) …, que des gens normaux qui flânent et se promènent, et après plus de 2 km de marche nous sommes dans Paris et une bouche de métro pour rentrer avenue Foch et récupérer nos affaires.


Moralité 35 km de course + 4 km de marche pour le métro et correspondances.


Finalement mes conneries sportives c’est comme mes impôts, un jour je finis toujours pas les payer !!!!

J

e suis extrêmement déçu de ma course, j’ai joué mais sur le marathon contrairement au semi j’ai perdu, c’est la voiture balais que j’ai en travers de la gorge si je l’avais intégré dans mes plans avec ma blessure, je me serai inscrit sur un sas qui partait beaucoup plus tôt, et j’aurais pu le finir en trottiner/marcher tranquillement et avoir cette médaille de finisher.


Je préfère être déçu mais de l’avoir fait, que des regrets de ne pas y être allé.


Bravo au vainqueur qui bat son propre record qu’il avait déjà sur ce marathon en 2h04’, et surtout un grand merci aux bénévoles de cette course.


Un grand merci à toi Amélie d’avoir accepté de m’accompagner dans cette galère avec nos 60000 pas et 3000 Kcal de grillées, ce n’est que partie remise, le faucon renait toujours de ses cendres, la prochaine fois vous aurez à faire au faucon qui est en moi et fini le Die Hart !!!!


Le lendemain matin au réveil, ma blessure pendant la nuit a du faire connaissance avec Raoul, ma douleur était dans cet état là :


‘’Je vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu'on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m'en fait trop je correctionne plus: je dynamite, je disperse, je ventile!’’


Voilà ça c’est de la bonne blessure que je déteste et qui va mettre 10 plombes à guérir !!!!


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